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Risques géo-politiques, un nouvel outil d’appréciation et de compréhension.

Traditionnellement, les principaux assureurs-crédit communiquent leurs analyses et positions sur les risques commerciaux à court terme dans l’ensemble des pays du globe. Depuis une dizaine d’années, AU Group agrège ces positions pour offrir une vision synthétique. Dans le contexte géopolitique inédit que nous connaissons, cette lecture court terme et centrée sur le risque de crédit commercial ne suffit plus. AU Group a donc étendu son analyse au risque souverain et au risque de terrorisme et de violence politique.

Les risques auxquels font face les entreprises dans le monde se multiplient, s’accélèrent et changent de nature. Conflits armés, instabilités budgétaires, violences politiques, perturbations des chaînes d’approvisionnement : les tensions sont désormais protéiformes et ne se limitent plus aux zones traditionnellement identifiées comme à risque. Les derniers mois ont démontré, au Moyen-Orient, la vitesse et la portée d’événements capables de bouleverser l’ensemble du monde.

Les entreprises internationales, exportatrices et investissant à l’étranger ont besoin d’une vision granulaire et prospective. Une boussole capable de détecter des risques qui, s’ils ne se matérialisent pas immédiatement dans les impayés, peuvent menacer leurs actifs, leur outil de production ou la continuité de leurs opérations.

C’est pourquoi AU Group a fait évoluer son fameux G-Grade qui traditionnellement agrégeait les analyses des principaux assureurs-crédit. Deux nouvelles dimensions s’ajoutent désormais à la note crédit court terme : une note de risque souverain (retenant systématiquement la position la plus défavorable parmi S&P, Moody’s et Fitch, pour évaluer la capacité d’un État à honorer ses engagements financiers dans la durée) et une note de terrorisme & violence politique (PVT), développée en partenariat avec Pangea Risk. Cette dernière évalue deux dimensions complémentaires : l’insécurité politique au sens large (guerres, terrorisme) et l’exposition aux grèves, émeutes et troubles civils (notamment SRCC – Strike, Riot, Civil Commotion – et Guerre).

L’ensemble de ces dimensions est disponible en ligne à partir de la carte interactive publiée par AU Group.

Quelques exemples :

Europe : fragilités persistantes et dynamiques positives d’intégration

L’Europe n’est pas à l’abri des chocs économiques actuels. La hausse des prix de l’énergie, amplifiée par les tensions au Moyen-Orient, fragilise en premier lieu les secteurs énergivores évoqués. La hausse des taux d’intérêt et l’inflation persistante pèsent simultanément sur la consommation des ménages, l’investissement des entreprises et les finances publiques d’États déjà endettés, ce qui crée un terrain propice à l’aggravation des défaillances d’entreprises.

Reclassements – Des trajectoires de stabilisation

Azerbaïdjan – G-Grade court terme : 5,75 → 5,00

L’Azerbaïdjan bénéficie d’une dynamique économique favorable, portée par le regain de la demande mondiale en hydrocarbures et un positionnement géopolitique renforcé dans un contexte régional en voie de normalisation. La réduction sensible du risque politique ouvre de nouvelles perspectives pour les investisseurs et partenaires commerciaux internationaux.

Sri Lanka – G-Grade PVT : 9,00 → 3,25

Le rebond du Sri Lanka est l’un des signaux les plus remarquables de ce trimestre. Après le défaut souverain de 2022, le pays a renoué avec la croissance grâce à plusieurs moteurs convergents : rebond du tourisme, hausse de la consommation et du crédit privé (+19,6%), inflation maîtrisée, dette restructurée à 98% de sa valeur nominale. Le programme FMI (2,9 milliards de dollars) ancre l’assainissement budgétaire, tandis que les transferts de fonds de la diaspora (+22%) et les investissements dans les énergies renouvelables renforcent la résilience du pays. Ce cas illustre d’une part le rôle clé de l’assurance-crédit dans la traversée des crises souveraines : en garantissant les créances des exportateurs et partenaires commerciaux du pays pendant et après le défaut de 2022, elle a permis de maintenir les flux d’échanges vitaux pour le Sri Lanka. D’autre part, ce cas met en lumière la complexité des renégociations de dette impliquant des créanciers aux intérêts divergents.

Déclassements – Des vulnérabilités qui s’approfondissent

Sénégal – G-Grade court terme : 6,75 → 7,50

La situation budgétaire du Sénégal s’est significativement dégradée. Malgré une croissance soutenue par les hydrocarbures, le dérapage budgétaire amorcé en 2019 a porté la dette publique à environ 130% du PIB. La notation souveraine du pays a été abaissée par Moody’s et S&P, et le programme FMI de 1,83 milliard de dollars a été suspendu, les négociations pour un nouveau programme n’ayant pas respecté le calendrier prévu de juin 2025.

Soudan – G-Grade PVT : 3,00 → 8,75

La dégradation du Soudan est la plus brutale de ce trimestre sur l’indicateur de violence politique. La situation s’est dramatiquement détériorée début 2026 : l’ACLED recense 198 frappes de drones en janvier-février, ayant causé 478 morts civils. L’UNICEF signale par ailleurs une hausse de 50% des victimes parmi les enfants sur trois mois, principalement au Darfour et au Kordofan. Ce cas illustre la valeur ajoutée de l’indicateur PVT : là où la notation de crédit court terme ne rend pas compte des risques sur les actifs, l’effondrement de la note de violence politique signale une exposition majeure pour les entreprises présentes dans le pays.



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