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L’optimisation par le passage de la loi de Pareto au carré.

Chacun connaît la loi dite de Pareto selon laquelle, à l’origine, 20% d’une population possède en général 80 % des richesses. Cette loi est souvent transformée pour expliquer que 20% des causes seraient à l’origine de 80% des conséquences. Ce fort effet de levier permettrait ainsi d’obtenir d’importants résultats (80%) en se concentrant sur un petit nombre d’actions (20%). Ce beau concept a tout naturellement trouvé sa place dans la trousse à outils de tout manager et de tout stratège qui enjoint ses équipes à se concentrer sur les 20% d’actions qui généreront inévitablement 80% des effets. Il vaut mieux, en effet, se focaliser sur 20% de clients qui produiront 80% du CA ou de la marge.

Passer au carré

Pourtant, cette loi de Pareto pourrait être encore plus efficace. Passons-la au carré.

20% ² = 4%

80% ²= 64%

Ainsi, seulement 4% des actions généreraient 64% des effets, permettant à 4% d’une population de disposer de près des deux tiers de la richesse. Voilà la véritable efficacité : actionner seulement 4% des ressources pour générer plus de 60% des effets. En se concentrant sur ces 4% et 4% seulement, nous gagnerions en efficacité et en sobriété.

En effet, imaginons que nous n’utilisons que 4% de ce qui est à notre disposition : matières, énergies ressources diverses, temps, compétences… nous pourrions néanmoins disposer de 64% de ce dont nous disposons aujourd’hui. Voilà de quoi susciter quelques réflexions en cette période de restriction, de raréfaction des ressources, de redistribution des effectifs, de bouleversements géopolitiques.

La solution ne serait-elle pas à chercher dans une plus grande efficacité accompagnée d’une plus grande ascèse plutôt que dans l’optimisation ultime de toutes les ressources disponibles ? Faut-il consommer, engager, monopoliser 100% de nos ressources pour générer 100% de ce qui est possible ou, ne vaudrait-il mieux pas concentrer nos efforts et se contenter de leurs résultats ?

Certains dont l’économiste et investisseur David Baverez[1], qui vit à Hong-Kong, prônent cette approche. Elle revient à reconnaître sa pauvreté (plutôt que de se croire richissime quitte à financer cette pseudo-richesse par une bulle financière dangereuse) et se concentrer sur l’essentiel. On peut y voir deux vertus : accepter le réel (nous sommes pauvres) et se concentrer sur ce que nous avons défini comme l’essentiel.

Personne n’a jamais perdu à abandonner ses mirages pour voir le réel en face. Choisir ses objectifs en définissant, de préférence démocratiquement, ce que la société considère comme essentiel est le meilleur moyen d’y parvenir.

Une réflexion pour nourrir nos décisions d’investissement, de mobilisation des ressources, d’objectifs et de choix de société.


[1] La Chine doit-elle changer son modèle de croissance ? – Les matins de France Culture 17 juin 2026.

     



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