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La Chine alignée avec l’Europe pour le reporting extra-financier.
« Le changement climatique (…) est la plus grande arnaque jamais menée contre le monde à mon avis », claironnait Donald Trump à l’ONU, en septembre 2025, quelques semaines avant la COP 30 au Brésil. Durant cette même COP 30, la Chine réaffirmait, a contrario, son ambition d’être le champion de la transition énergétique et de la décarbonation, et pas seulement le premier pollueur mondial. Au niveau technologique, industriel et de l’investissement, les chiffres parlent pour l’Empire du Milieu. Il ne manquait plus que l’arsenal normatif à la panoplie chinoise. Et bonne surprise, même si attendue, la Chine semble alignée sur la position européenne.
En ce début janvier 2026, le ministère chinois des Finances a lancé la Norme de divulgation durable des entreprises n°1 – Climat (phase pilote), la première norme ESG opérationnelle de la Chine, traitant du reporting climatique.
Si les normes sont alignées avec le standard de reporting extra-financier international IFRS, le principe de double matérialité est retenu, là où les régulateurs américains ne retiennent que la simple matérialité. La double matérialité c’est, d’une part, la matérialité financière (« Outside-in ») évaluant l’impact des enjeux environnementaux et sociétaux sur la performance de l’entreprise, et, d’autre part, la matérialité d’impact (« Inside-out ») évaluant l’impact des activités de l’entreprise sur l’environnement. La double matérialité est la pierre angulaire du reporting durable dans l’UE, le CSRD, entrée en vigueur le 1er janvier 2024. Elle implique plus de transparence pour les entreprises vis-à-vis de toutes ses parties prenantes. C’est donc une bonne nouvelle que la Chine adopte la même position que les européens, en opposition aux américains.
Alors, bien sûr, les rapports ESG chinois sont encore sur la base du volontariat et ne seront pas audités dans un premier temps. Mais c’est une première étape respectée, les 3 principales bourses chinoises, Shanghai, Shenzhen et Pékin (SSE, SZSE, BSE) avaient officialisé l’intégration de la double matérialité dans leurs exigences de reporting pour les sociétés cotées courant 2024. Début 2026 parait donc un guide élaboré conjointement par le ministère des Finances, plusieurs ministères, la banque centrale et les principaux régulateurs. D’autres guides paraîtront notamment sur la biodiversité. Et, à plus long terme, avec un caractère obligatoire. Cet alignement avec les européens sur la double matérialité est une bonne nouvelle pour plus de transparence et moins de greenwashing, un impact positif devenant forcément un avantage compétitif.
Un atout aussi bien pour les chinois que pour les européens, qui devraient faire la course en tête des technologies « propres ». Surtout si le président américain continue à prétendre que les énergies renouvelables, [sont] une blague et le charbon [est] « propre et magnifique ».
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