#Newsletter Prismes

Les coûts irrécupérables.

Est-ce que vous êtes déjà resté(e) au cinéma à regarder un film très mauvais, simplement parce que vous avez payé la place trop cher et que vous avez le sentiment de devoir « rentabiliser » cette dépense, alors que votre temps serait mieux utilisé ailleurs ? En général, suivi d’une rationalisation du type « autant profiter du pop-corn et de la clim ».

Si oui, vous avez fait l’expérience d’un biais cognitif : le biais des coûts irrécupérables.

Le biais des coûts irrécupérables, au-delà du fait qu’il est amusant de le dire vite, est un véritable phénomène utilisé en économie comportementale et dans l’analyse de la décision. Aussi connue sous le nom de « sunk cost fallacy » en anglais, ce biais consiste à prendre en compte les coûts déjà engagés définitivement (et ni remboursables, ni récupérables par un autre moyen) dans la décision de dépense.

Quand c’est une place de cinéma, ce n’est pas très grave. Quand c’est un projet industriel conjoint entre deux pays dont la facture s’élève à plusieurs milliards d’euros, cela pique un peu plus. L’exemple du Concorde est en effet une illustration mondialement célèbre de ce biais cognitif appliqué à l’investissement public. Alors que sa viabilité économique était déjà morte et enterrée depuis les années 70, les gouvernements français et britannique ont continué à investir dans le projet jusqu’aux années 90.

Des travaux académiques montrent que ce biais concerne aussi les entreprises privées. Une étude du Journal of Finance révèle que les dirigeants ayant payé plus cher une acquisition — parfois pour des raisons indépendantes de la qualité de la cible — tendent ensuite à surinvestir dans l’entreprise rachetée et à retarder sa revente. Ces décisions illustrent une réalité simple : derrière les choix stratégiques des organisations, il peut y avoir des biais humains, trop humains.

Dimitri Lecerf – Consultant Planning Stratégique

dimitri@rumeurpublique.fr



Lire la newsletter Prismes #22 dans son intégralité

Actualités

Newsletter Prismes

En ouvrant le bal des débats présidentiels, le Medef confirme que l’économie aura une place centrale dans la campagne.

Newsletter Prismes

L’IA est une formidable opportunité pour les annonceurs et leurs agences.

Newsletter Prismes

EmpCo, la nouvelle directive anti-greenwashing renforce la nécessité de la preuve.