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Une agence parisienne qui communique (bien) en région.
Agence de communication parisienne, Rumeur Publique travaille avec de nombreux acteurs, privés comme publics en région. Les stratégies de communication mises en place prennent en compte les spécificités, sociales, économiques, historiques, des territoires concernés pour plus d’efficacité. La preuve par l’exemple avec un projet d’implantation d’une zone industrielle sur un territoire rural en Alsace. Décryptage de Michel Salion, responsable du projet et directeur associé chez Rumeur Publique.
De quel projet parlons-nous exactement ?
Il s’agit d’accompagner une communauté de commune, située près de la grande forêt domaniale d’Haguenau, dans le nord de l’Alsace pour sa communication sur un sujet bien précis. Cette intercommunalité ambitionne de créer un Pôle d’Excellence Industrielle. Implantée sur des terres agricoles près d’un village historique, cette zone a vocation à accueillir des acteurs industriels qui vont exploiter la géothermie profonde. En effet, on trouve sous ce territoire, entre 2500 et 4000 mètres de profondeur, une saumure à 170 degrés, riche en lithium. On parle donc d’un projet industriel combinant un volet énergétique et un volet extraction de matières premières. La communauté de communes a lancé un appel d’offres que Rumeur Publique, en compétition avec des agences de communication alsaciennes, a remporté en 2024.
Qu’est-ce qui a fait la différence ?
Nous avons convaincu les élus de la communauté de commune que nous n’arrivions pas comme une agence parisienne. Dit autrement, nous avons démontré notre compréhension des spécificités du territoire et de ses habitants. Nous avons basé notre stratégie de communication sur le fait que cette infrastructure constituait un maillon essentiel au contrat social local, en orientant sur les bénéfices du quotidien, plutôt que d’actionner les arguments classiques de la transition énergétique (géothermie) et la souveraineté française, voire européenne (lithium) qui ne sont pas des thèmes prioritaires pour les gens.
Concrètement, comment avez-vous travaillé ?
Comme pour tous les projets que nous traitons, nous avons étudié finement le territoire. Les habitants de ce territoire sont alsaciens, avec une identité locale très forte. En Alsace du Nord, à la boulangerie, au café, les gens parlent alsacien. Plus globalement, comme tous les alsaciens, ils ont un attachement profond à la nature, à l’environnement, et donc à leur territoire situé en zone rurale. Nous avons également analysé la structure démographique du territoire qui, comme beaucoup, perd ses jeunes, mais aussi étudié le vote. L’analyse économique montre qu’au-delà de la fiscalité locale, qui est un sujet pour les habitants, l’essentiel des revenus de l’intercommunalité provient de subventions. Or, elles sont tout sauf pérennes dans le temps. Enfin, au niveau historique, l’Alsace a été une terre de pétrole, les habitants connaissent les avantages et les inconvénients des forages. D’où l’idée de présenter le Pôle d’Excellence Industrielle via le prisme d’un contrat social local.
Que signifie ce concept de contrat social local ?
Le Pôle d’Excellence Industrielle est situé sur des terres agricoles exploitées, une cinquantaine d’hectares environ. Cela représente donc un sacrifice pour les agriculteurs concernés et les habitants attachés à ces terres agricoles. Le contrat local social représente donc non plus un sacrifice mais un investissement, avec la création de 1500 emplois qualifiés, directs et indirects, et une manne financière pérenne. Ce projet va neutraliser, certes des terres agricoles, mais amener des externalités positives comme la création ou le maintien d’écoles, d‘établissements de santé, le renforcement des services publics… Nous avons axé la communication sur les aspects positifs, contributifs, d’intérêt général, de contrat social, spécifiquement pour l’Alsace du Nord, tout en faisant attention de démontrer que ces changements n’allaient pas bouleverser les équilibres du territoire ; mais, au contraire, contribuer à en renforcer la résilience.
Et comment cette stratégie de communication a pris corps ?
Le premier acte fondateur a été, début 2023, la publication d’un numéro spécial dans le journal de la communauté de communes décrivant le projet et tous les bénéfices potentiels pour les habitants. Puis nous avons organisé des ateliers de consultation du public avec une stratégie d’invitations sélectives. Nous avons par exemple invité uniquement les artisans et commerçants du territoire pour présenter les avantages économiques du projet. Un autre atelier a rassemblé les habitants impliqués dans la préservation du cadre de vie et nous leur avons présenté des axes d’aménagement d’architectes, en insistant sur la différence entre un site industriel du 21ème siècle et ceux qu’ils ont à l’esprit datant des années 1980, avec une image plutôt négative.
Et quel bilan pour cette stratégie de communication ?
Avant les ateliers, la première réunion d’information organisée par les élus a rassemblé environ 350 personnes… et autant de sceptiques au projet. La réunion de clôture, à l’automne 2025, a rassemblé moins de 200 personnes dont une moitié a applaudi les élus lorsqu’ils ont expliqué en quoi ce projet était indispensable à l’avenir. Depuis, le commissaire de l’enquête publique a rendu un avis… favorable.
Christophe Quester – Directeur Conseil
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