#Nomination
Retours du Salon International du Transport et de la Logistique : un salon en mouvement.
Pour la deuxième année, le SITL a fait confiance à Rumeur Publique pour éditorialiser le salon du transport et de la logistique. Retours d’expérience avec Lucas Michel-Ivanoff, responsable du projet à l’agence.
PRISMES : Combien de temps pour préparer un salon de l’envergure du SITL ?
Lucas Michel-Ivanoff : Pratiquement un an, au bas mot, et encore parce que c’est la deuxième année. Tout est dans la méthode. Sur un salon professionnel de trois jours, il faut organiser des conférences star, le haut de l’affiche, les sujets qui intéressent tout le monde. Ensuite, chacun vient écouter en plus tel ou tel intervenant sur les sujets plus spécifiques qui l’intéressent. Finalement, les salles se remplissent, les visiteurs sont présents dans les allées et le salon gagne en audience, en légitimité et en notoriété.
PRISMES : Quelle est cette méthode ?
LMI : Nous animons un comité stratégique très en amont du salon pour écouter toutes les parties prenantes de la profession car ce sont elles qui sont au fait de leurs problématiques. C’est là que l’on trouve le cœur de l’animation éditoriale du salon. Mais la limite est dans le risque d’aborder des sujets très techniques ou trop pointus. Ensuite s’il faut écouter, il faut aussi proposer des thèmes, des conférenciers, des débats. Ça c’est le rôle du planning stratégique de l’agence qui consiste à associer des thématiques, à proposer des nouveautés. S’en suivent des arbitrages. Arbitrage économique : tel intervenant de prestige serait intéressant mais demande des émoluments disproportionnés. Composition d’un plateau : éviter les participants trop habitués à débattre entre eux et aussi comprendre que untel ne viendra jamais face à telle ou telle personne. Ce sont de subtils équilibres parfois politiques.
Il faut alors travailler le programme dans le détail avec les parties prenantes du comité. C’est ça qui prend et mérite du temps. Au fil de l’année, nous proposons un premier programme et recevons les retours et commentaires. Au bout de quelques itérations, le programme prend forme. Reste alors à l’organiser avec les contraintes d’horaires, de disponibilités, de susceptibilités.
PRISMES : Tous les sujets peuvent-ils être envisagés ?
LMI : On peut tout envisager avant de trancher. Nous avons, volontairement, proposé des débats que l’on pouvait espérer vifs voire tendus. La plupart des membres du comité étaient favorables et puis il a fallu être plus tempérés. Néanmoins, les têtes d’affiche, les sujets majeurs, les vrais débats de la profession sont indispensables même si cela peut paraître un peu racoleur.
PRISMES : Concrètement, le salon a été une réussite ?
LMI : Absolument. Malgré le passage de la Porte de Versailles à Villepinte, qui peut être vu comme une contrainte logistique, mais qui dans les faits, se déroule sans accroc à la fin. Comme souvent dans les salons, la difficulté est de compter les personnes qui assistent à telle ou telle conférence. C’est une question pratique. On sait avec un grand luxe de détails qui rentre au salon. Le suivi du parcours une fois entré est parfois plus compliqué.
En terme quantitatif, on a fait carton plein. Certaines conférences ont fait salle comble, d’autres, plus techniques ou spécifiques ont attiré le public attendu. Mais surtout, le programme des conférences, construit avec les parties prenantes de la profession, est un levier majeur de visites et d’audience. C’est aussi là que la méthode de co-construction a un avantage : tout le monde est co-responsable de la réussite du programme et au-delà, du salon.
Un mot aussi sur l’international. Soyons clair, les visiteurs étrangers ne sont pas majoritaires, ils représentent environ 20% du public et ne sont pas là en priorité pour assister à des conférences. S’il n’est donc pas essentiel d’organiser des débats en anglais (avec toutes les difficultés que cela impose) ou de déployer de coûteux moyens de traductions simultanées, c’est néanmoins une chose à faire pour “ouvrir” le salon à l’international (et faire venir des speakers étrangers).
PRISMES : L’expérience de l’éditorialisation de salons professionnels est devenue une compétence de l’agence ?
LMI : C’est certain. Nous participons à l’élaboration de plusieurs salons professionnels dont le Paris Builders Show, ex Mondial du Bâtiment, qui regroupe notamment Batimat et Renodays, du 28 septembre au 1er octobre prochain, Porte de Versailles.
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