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Les élus locaux revendiquent leur implication envers l’écologie. Mais les citoyens restent sur leur faim !
À l’occasion des élections municipales, et dans la perspective de la présidentielle de 2027, The Shift Project a mené une enquête qualitative[1] et quantitative[2] auprès d’élus municipaux de tout le territoire Français. Cette enquête dévoile plusieurs enseignements sur les élus locaux et la transition écologique… enseignements que PRISMES confronte aux attentes exprimées par les citoyens.
Si l’échelon municipale est le plus ancré dans la vie quotidienne des Français et malgré les déclarations des maires, les citoyens restent en attente d’actions concrètes dans les domaines de compétences des élus locaux : logement, aménagement du territoire, éducation…
Priorité à l’écologie…
L’étude démontre l’absence de « backlash écologique » (voir PRISMES de décembre 2025) chez les élus locaux. Elle dévoile même leur préoccupation unanime envers le changement climatique (87% des répondants évaluant cette préoccupation personnelle à au moins 7 sur 10). Les préoccupations écologiques n’appartiennent même à aucun parti : de très à gauche à très à droite, les répondants disent avoir pris en compte la transition énergétique pendant leur mandat de 85 à 88%.
Une priorité… relative
Mais seulement 53% des répondants placent l’écologie parmi les trois priorités de leur mandat actuel, reportant pour 70% d’entre eux cette préoccupation à leur éventuel prochain mandat.
Cependant, quand la question est posée aux citoyens[3], les réponses sont nettement moins favorables aux élus. Avant la mairie, les Français font avant tout confiance aux associations de défense de l’environnement (51%) et à eux-mêmes (46%) pour protéger les habitants de leur commune du dérèglement climatique.
Si la mairie reste la collectivité à laquelle ils font le plus confiance dans ce domaine (37%), l’État ne suscite que 15% de confiance. 77% des Français estiment que leur maire ne met pas assez d’actions en place pour lutter contre le dérèglement climatique. Si 33% des Français considèrent que c’est parce qu’il manque de moyens, ils sont 44% à penser que c’est parce que ce n’est pas une priorité de son action.
Pragmatisme ou bon sens ?
Pourquoi agir en faveur de la transition ? Selon les élus, d’abord pour améliorer la qualité de vie et la santé des Français (77%) et diminuer les dépenses énergétiques (75%). Pour autant, la neutralité carbone n’arrive qu’en quatrième position (55%). Les élus locaux prônent les actions concrètes : rénovation des bâtiments, mobilité active, transports collectifs, suivi des émissions de gaz à effet de serre de la collectivité et du territoire…
Dans ce sens, les citoyens approuvent le pragmatisme de leurs élus mais évoquent d’autres leviers d’action et fixent trois priorités à leurs maires : renforcer la végétalisation de l’espace urbain (67%), limiter les constructions et la bétonisation (64%) et éduquer les habitants à de bonnes pratiques écologiques (56%).
Ils sont surtout 28% à envisager de changer de commune pour réduire leur exposition aux risques climatiques… malgré les actions de leur maire.
Le choix du pragmatisme… contrarié par le réel
Le manque de moyens et les urgences quotidiennes empêchent l’action des élus encore plus que le manque de connaissances ou de compétences. Maires et adjoints réclament de la documentation et des retours d’expériences concrets (46%), des formations (44%) et des outils de communication pour convaincre leurs élus (39%), autant que ceux qui déclarent ignorer la façon dont leurs administrés jugent leur action en faveur de la transition. Mais les élus ne craignent pas l’impopularité (7%) ou le risque électoral (4%).
Une frange d’irréductibles
Seuls 4% des élus municipaux disent ne pas souhaiter engager ou accélérer la transition climatique et énergétique sur leur territoire. Coïncidence ou hasard, 4% des Français considèrent que l’impact du dérèglement climatique restera acceptable et supportable. Et 8% ne croient pas à un dérèglement climatique lié aux activités humaines. Nous aimerions les rencontrer pour entendre leurs arguments.
Intention ne vaut pas action
Le vieil adage reste vrai. Si les maires se disent actifs pour contrer le dérèglement climatique et protéger les citoyens, ils manquent à la fois de connaissances, d’expériences partagées et de compétences pratiques. De leur côté, les citoyens ne voient pas vraiment les choses avancer. Il y a à coup sûr un déficit de communication. Si l’intention ne vaut pas l’action, il faut souvent allier au savoir-faire et certain faire savoir.
[1] 109 entretiens semi-directifs d’environ 1h menés de juin à septembre 2025.
[2] Questionnaire administré en ligne auquel ont répondu 2916 élus municipaux (dont 950 maires) entre le 13 octobre 2025 et le 7 janvier 2026.
[3] Étude ODOXA « Ma commune, mon maire et moi – Volet environnement » réalisée par Internet via un questionnaire en ligne du 1er au 15 septembre 2025 ayant recueilli les réponses de 13 164 Français âgés de 18 ans et plus.
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